Le week-end du 19 et 20 juin : si nous nous retrouvions chez BETAMACHINE pour l’invitation au marché créatif ?

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La rédaction de WēN te partage les coulisses de l’opening event présenté par Brume Parole x PanPan et la programmation alléchante qui t’attend

Voici un évènement totalement home-made et underground qui regroupera une 30aine d’exposants locaux sur le week-end du 19 et 20 juin, sous l’égide de l’organisation de BETAMACHINE dans les locaux de son « espace associatif et citoyen dédié à la création et à la fabrication » : situé au 15, rue Victor Gilbert, en plein cœur de ville de Chartres.

Cette 3ème édition, m’explique Sophie Messenger, vitrailliste et créatrice de la marque OVORB – objets au design contemporain et ludique- en résidence chez BETA, et porteuse du projet : « nous l’avons construit à l’image des valeurs de l’association : de cette volonté de tous de le faire grandir et germer de manière collaborative et spontanée ».

Ici, chacun sème et plante des graines d’idées, mais c’est la volonté et la synergie collective qui le transforment en événement.

La solidarité que l’on connaît de BETA, est nouvellement portée à l’honneur au sein de l’association, en cette année si particulière de mesures sanitaires restrictives. La traditionnelle « BAP » la bourse aux plantes des éditions précédentes – même si tu y retrouveras des semis bio, je te rassure – donnera l’occasion à l’artisanat local d’y trouver sa place dans un espace d’échanges, d’expressions et de connexions. Cette année ce sera un marché créatif !

[Maroquinerie-Céramique-Décoration-Illustration-Tissage-Vitrail-Bijouterie-Broderie-Résine-Vente de semis bio (…)]

De cette « Bota urbaine » en synthèse – du nom éponyme du projet tracé le 22 mai dernier par Brume Parole et PanPan et lors du « opening event électro poétique à guichet restreint » – la chlorophylle est là, elle circule : artisanat et arts se mélangent, s’entrecroisent comme des « tiges souterraines remplies de réserves alimentaires » capables de nourrir d’autres espèces et enrichissant même dans leur mort le sol de matière organique.  Des « Rhizomes entre toi et moi », voici « le sentiment masqué, la métaphore cachée » ?

Plus qu’un événement dans l’événement, voici l’âme qui se révèle dans son « intention », pour qui sait la voir… C’est le projet conjoint qui a été proposé par Brume Parole et PanPan – grâce au soutien apporté par la CMA 28 (Chambre des Métiers et de l’Artisanat d’Eure et Loir) – pour nous annoncer l’événement du marché créatif de BETAMACHINE à la sortie de leur résidence artistique.

Le concept de leur projet commun se présentant comme un savant mélange entre les effets et le sens apportés par la création et la composition électro associés aux sons des phrases, des mots d’auteurs, que Brume Parole fait résonner comme des samples qui se transforment en « rhizomes » de textures et de couleurs par PanPan. Une nouvelle dimension prend place. L’œuvre devient sans fin par essence.

Naissance d’un clip (teaser), d’un morceau créé pour l’événement (Rhizomes), d’un DJ set reprenant un certain nombre de morceaux du 1er album « Qui es-tu je ? » et d’une fresque murale « BOTA URBAINE » retranscrivant le sens originel de leur projet commun qui se construit depuis presque 1 an et qui se veut un « sample » de plein de techniques proposées en performance live au public.

« Simple coïncidence ? Synchronisation ? » : comment avez-vous construit cet opening event ?

Brume Parole : l’invitation de BETAMACHINE date depuis un certain temps. Le trip botanique collait parfaitement avec l’univers graphique de PanPan et notre projet actuel et commun de collaboration.

Les contraintes sanitaires nous ont emmenés à réfléchir ensemble -entre nous et BETA- autour d’une idée d’expression différente tout en gardant l’esprit d’une performance en live auprès d’un public que nous savions restreint. 

Deux principaux aspects ont drivé le projet : le respect du thème emmené par Sophie et la scénographie.

Nous avons d’emblée repéré la position en hauteur que nous offrait un pignon de mur dans l’enceinte du lieu en guise de « roof top » pour la performance musicale associé à la contreplongée qu’offrait le mur pour la performance graffiti simultanée de PanPan.

PanPan : en complémentarité de notre approche graphique en live, et dans le prolongement visuel du graffiti, la proposition d’une vidéo de teasing sur l’événement afin de saisir l’instantané a été une évidence : pour refléter l’ambiance, le lieu, les détails des motifs et des courbes, la symétrie, la lumière.

Brume Parole : si tu préfères, lorsqu’on travaille un clip on cherche à toucher le « bonheur simple inaccessible » : le ressenti. Pour emmener quelque chose au spectateur.

Comment expliquez-vous votre interaction alors même que votre création artistique existe de manière individuelle ?  

Brume Parole : ce projet commun nous apporte l’expérimentation de pouvoir « jouer » chacun avec notre medium de manière différente en écoutant le rythme de l’autre.

Pour moi, cette vie visuelle que m’apporte PanPan me donne un rythme nouveau aux idées, à l’histoire des paroles. Je projette même de créer un morceau avec le son du spray de PanPan.

L’apport de PanPan sur mon regard vis-à-vis de l’extérieur a également évolué en me donnant la possibilité d’imaginer des instants réels.

PanPan : Pour moi, il y a une dimension nouvelle de temporalité non seulement dans le live où je teste mon timing de réalisation graphique par rapport au set. J’intègre un repérage constant au minutage en me recentrant inlassablement sur la matière. Tu retrouves cette retranscription également dans la construction de nos vidéos. 

Comment se matérialise cet espace-temps dans le teaser que vous nous avez proposé pour le marché créatif de BETA ?

PanPan : le concept que l’on travaille est toujours basé sur l’idée d’un scénario afin de guider le spectateur tout en le laissant libre de ressentir.

La seule retranscription voulue de ce tableau que l’on propose, c’est celle de l’intention des phrases conjointe aux matériaux : « dans nos images c’est l’instant de multiples matières ».

On réalise cela vraiment à deux voix, en passant de plus en plus de temps ensemble pour repérer les lieux et s’en imprégner afin que cela catalyse vraiment ce que l’on imagine.

Pour cela on réalise énormément de plans. On passe du temps à développer et à écrire. On se filme l’un l’autre dans une sorte d’inertie assez fluide avec une belle capacité d’échange.

Brume Parole : c’est un compromis d’auto-interprétation des choses qui suggère simplement en laissant toujours sa part d’énigme. C’est une histoire qui permet de réécrire et de refaire l’histoire.

Et s’il vous fallait différencier cet espace-temps pendant la performance live ?

Brume Parole x PanPan : dans le live tu retrouves le développement de la vie scénique qui se répond du tac au tac entre nous.

Il y a sans doute une notion intéressante de premier plan dans laquelle la vie musicale se réapproprie du décor et réconforte un certain égo en laissant finalement très vite la place à ce que l’on pourrait appeler un 2nd plan dans lequel l’œuvre visuelle et graphique prend toute sa place et laisse son empreinte.

Brume Parole : j’aime bien l’idée de poser et de laisser une trace dans laquelle la vie du morceau continue à se tisser sans fin en étant mouvante dans l’espace-temps.

PanPan : en définitive dans le cadre global du tableau que l’on propose les lettres rentrent dans le mouvement et vivent dans les vibrations qui sont transmises par Brume Parole dans cette contrainte de temps. Seul le geste est prédominant et marque son avancée.

De l’obligation du live et de la rencontre est née une évolution dans ma pratique du graffiti : la recherche du sens.

Je suis passé d’une pratique égoïste du graffiti à celle de la transmission, tout en gardant l’esprit de mon univers : les fleurs. Elles font désormais ressortir l’esquisse et le remplissage de mon lettrage pour repositionner l’œuvre collaborative en tant qu’élément central.

PanPan, quelle est la recherche du sens que tu as donné à ces mots laissés au centre de votre œuvre « BOTA URBAINE » et que l’on pourra découvrir de très près lors du marché créatif ?

C’est une réflexion qui se place dans le prolongement de mon installation faite à l’ancienne école Jean-Moulin (Chartres) : « les mauvaises graines n’existent pas ».

Dans cette BOTA URBAINE, tu retrouves le cœur de l’expression de notre démarche « cette poésie dans le quotidien » apportée d’une part par la conviction de « l’éloge de la diversité végétale » et d’autre part par la spontanéité des plantes rudérales.

BETA en est le terreau dans sa capacité de rencontre et d’échange.

Dans l’obscurité quels sont vos souterrains de liberté ?

Brume Parole : la création sans aucun doute. Dans cette période « obscure » que l’on vit actuellement où la culture semble réduite à zéro, tu crées forcément en souterrain.

PanPan : je partage, c’est une richesse vécue en souterrain comme une lueur, un leitmotiv qui te permet de prendre le temps d’exploiter chaque seconde en te sentant libre, alors même que tu as été contraint dans tes déplacements physiques.

L’hypersensibilité a-t-elle besoin d’une voix pour s’exprimer ? Est-ce un sentiment tenace dans votre expression commune ?

Brume Parole : C’est sans doute de là que tout a démarré. Tu retrouves cela dans mon premier morceau « J’écris pour me taire » dans lequel je m’inspire des extraits du livre « Mythologie personnelle  » de Christophe Esnault.

L’idée centrale du projet étant celle de tisser des liens avec les gens et avec les auteurs que je cite ou réinterprète. De pouvoir aller là où je veux dans l’exploration, en partant de l’intention de l’auteur, pour explorer une synthèse de son œuvre.

« Vivre vraiment. La vraie vie en quoi consiste-elle vraiment ? »

Brume Parole x PanPan : conscientiser ce que l’on est en train de vivre en exploitant chaque instant : construire, avancer, faire.

Continuer à se régaler dans une gourmandise de la vie. S’émerveiller. S’éveiller.

Comment va s’accomplir cette sortie de résidence et cette envie de déborder « proliférons à l’horizon » ?

Pan Pan : Par le « Big Bang » ! – rires – en référence à l’un des titres de l’album « Qui es-tu-je ? » de Brume Parole.

Brume Parole : Je me considère juste comme un contenant qui vise à remettre la création au cœur de la vie, aussi bien dans mon quotidien, auprès de mes proches, que dans mon comportement vis-à-vis d’autrui.  Je m’impose dans ma manière de vivre un impact positif.

La prolifération c’est comme un miroir intergénérationnel que te renverraient les enfants dans la nostalgie des époques de ta vie. Ce sont les idées et ce que peuvent t’apporter les interactions qui donnent du sens.

« Alors soyons chardons et proliférons les uns avec les autres ! » telle est la philosophie partagée dans la continuité de la programmation de ce week-end :

Spectacle Musical interactif RED CONCERT scénographié par la Compagnie PIANO PANIER autour du moyen métrage « Le Ballon rouge », 1956, d’Albert Lamorisse : 2 représentations, le samedi 19 juin à 16h30 et 19h00.

La jauge d’entrée étant limitée dans le respect des dernières mesures sanitaires il sera fortement recommandé d’arriver en avance afin de pouvoir accéder au ciné concert.

Buvette et Food Truck présents sur le site :

Samedi 19 juin: Emilie Dame Biscuit

Dimanche 20 juin : Chez Flamur

Tout le long du week-end : DJ sets variés (électro, ambiant, reggae, hip-hop, dub, rock 60)

Entrée libre : Samedi de 11h à 21h00Dimanche de 11h à 19h00

CHEZ BETAMACHINE : 15, RUE VICTOR GILBERT – CHARTRES

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